CONFERENCE « AUTOUR DU ROMAN DU DOCTEUR JIVAGO »

LE SAMEDI 13 OCTOBRE 2007 à 15h00

A LA SALLE DE CONFERENCE DE LA BFM DE LIMOGES
avec Mme Irina EMELIANOVA

 
   

En novembre 1957, l’éditeur italien Giancomo Feltrinelli faisait paraître la toute 1 ère édition au monde du « Docteur Jivago » de Boris Pasternak.

« L’affaire Pasternak » allait connaître une dramatique accélération en ex-URSS et chez les partis communistes « frères ». En 1958, après d’autres éditions dont celle en français, puis le Prix Nobel de la littérature attribué à ce grand écrivain russe du 20 ème siècle, Boris Pasternak et ses proches allaient vivre un véritable enfer. Le 30 mai 1960, la mort mit fin aux souffrances de Boris Pasternak.

B.Pasternak, le 23 octobre 1958
le jour de l'attribution du prix nobel

 

Onze ans auparavant, Boris Pasternak avait commencé son roman et avait rencontré celle qui par un grand amour partagé donna un visage et une âme à « Lara Antipova », l’héroïne de son roman : Olga Ivinskaïa.

Dès 1949, Olga était condamnée à 8 années de Goulag pour être en relation avec ce poète-romancier en bute à la tatillonne bureaucratie stalinienne. C’était un moyen pour exercer une pression sur l’écrivain en cours de rédaction d’un roman dont les premiers chapitres ne correspondaient pas aux conditions littéraires du Département Culturel du Comité Central.

Olga Ivinskaïa en 1936
Olga Ivinskaïa et B.Pasternak
 

 

En 1953, la mort de Staline entraîna la libération anticipée des « zeks », les prisonniers du Goulag. Olga revint et retrouva son poète-romancier encore plus amoureux et qui avait presque achevé le roman durant ces années d’éloignement. C’est pourquoi « Lara » disparaît dans le roman, happée dans le Goulag, tout comme Olga, la maîtresse de l’écrivain. Le très beau poème « Séparation » de la série des poèmes de Youri Jivago complétant la fin du roman, raconte le désarroi de Boris Pasternak au départ brutal pour la Lioubianka, la prison de Moscou, anti-chambre du Goulag.

Olga Ivinskaïa à la Loubianka en 1960

 

 

De 1953 à 1956, l’écrivain termina son roman, en fit la relecture et voulut le faire paraître tout d’abord en URSS, bien qu’il douta du résultat. La revue « Novy Mir » ne donnant pas une suite vraiment favorable, il donna « par hasard » le manuscrit à un journaliste italien de Radio-Moscou qui le transmit immédiatement à l’éditeur Giancomo Feltrinelli.

Après le décès de Boris Pasternak le 30 mai 1960, la police soviétique s’acharna dès le mois d’août 1960 une nouvelle fois sur Olga Ivinskaïa et sur sa fille Irina. Elles sont condamnées au Goulag : 8 ans pour Olga et à 3 ans pour Irina.

Irina sortit du goulag en 1962 et Olga en 1964 sur intervention de M. Brejnev. Olga fit donc 8 années de goulag. Elle décéda en 1995 et inhumée au cimetière de Pérédelkino, non loin de la tombe de Boris Pasternak.

Irina , Boris P. et Olga en 1959
Olga et Irina en 1938
Irina, son grand-père et son demi-frère Dimitri en 1948
Irina

 

Irina Emelianova à la Loubianka en 1960 Irina dans le camp en Mordavie en 1962

 

 

Irina Emelianova-Kozovoï vit en France depuis le début des années 80. Elle connaît la genèse du roman depuis son âge de 8 ans. Elle a donné deux profils à deux jeunes filles du roman : « Katia Antipova » et « Tania Jivago », le fille née de l’amour entre Lara et Youri.

Elle a vécu auprès de Boris Pasternak durant 14 ans. Elle est devenue une grande spécialiste du roman, apportant une lecture insolite et approfondie du « roman autour du roman », répondant à des interviews, réalisant de nombreux ouvrages surtout en russe, et donnant des conférences en CEI.

La tombe de Boris Pasternak La tombe d'Olga La maison de Boris Pasternak

 

A l’occasion de ce 50 ème anniversaire, Irina Emelianova fera sa 1 ère grande conférence en France à Limoges, à la Salle de Conférence de la BFM, le 13 octobre 2007 à 15h00. A ses côtés se trouveront M. Michel Aucouturier, l’un des traducteurs français du roman en 1958, et Jacques Ragon, ami d’Irina et grand amateur de l’œuvre de Boris Pasternak, tout particulièrement de ce très beau roman.

Au cours de cette conférence, une vidéo-conférence est prévue en direct avec la ville de Perm en Oural, dont le nom dans le roman est « Iouriatine ».

Un texte de Boris Pasternak

 

Les photos font parties des collections privées de Irina Emelianova-Kozovoï et Jacques Ragon.